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Ruprecht-Karls-Universität Heidelberg

Atelier souabe Ludwig Henfflin

Schreiberspruch des Ludwig HenfflinLe troisième groupe de manuscrits est une des curiosités de Heidelberg. Car tous les codices de l’atelier souabe connus de nos jours se trouvent conservés dans la bibliothèque de l’université de Heidelberg. Au début du projet, on ne connaissait de cet atelier que huit manuscrits. On a pu cependant établir grâce à des indices codicologiques que le Cod. Pal. germ. 76 (Le paysan de Bohême) devait être rattaché à cet atelier. Désormais, on compte donc neuf manuscrits de cette provenance.

L’atelier prit le nom du seul collaborateur qui nous soit connu, un écrivain qui se présente lui-même dans le colophon sur fol. 102r du Cod. Pal. germ. 67 comme "Ludwig Henfflin": Hie haut ryß Sigenot ein end/ Got vns allen kumer wend. * Lud * Hennfflin = Ici finit le voyage de Sigenot/Que Dieu nous protège.

Ludwig Henfflin et sa commanditaire

Cpg 17, fol. 14rPontius und Sidonia in deren Kammer (Cpg 142, fol. 59v)On ignore presque tout de ce qui concerne la vie de Henfflin et de l’atelier dans lequel il travaillait. Un seul des manuscrits de Heidelberg porte une mention de date : dans l’illustration sur fol. 14r du Cod. Pal. germ. 17, au pied des figurines, on peut lire 1477.

On pense que l’atelier travaille depuis 1470 environ pour Marguerite de Savoie. Les armoiries de la maison de Savoie ainsi que celles de son troisième époux, Ulrich de Wurtemberg, se retrouvent dans plusieurs manuscrits.

Il semble que l’atelier ait fonctionné pour Marguerite jusqu’à sa mort en 1479. Puis qu’il ait disparu à ce moment là. On suppose qu’il était situé à Stuttgart, ville de résidence de Marguerite.

On distingue six mains différentes d’écrivains pour les neuf manuscrits, tandis que les illustrations ont été exécutées, à quelques exceptions près, par le même dessinateur. Links das Württembergische/ rechts das Savoyische Wappen (Cpg 345, fol, 191v)Cela se remarque d’autant plus que celles-ci foisonnent de façon peu commune. Ca et là, on reconnaît encore quelques traits d’esquisse, que le peintre a tracés pour la composition. Par exemple, on reconnaît sur le fol. 59v du Cod. Pal. germ. 142, dans sa marge inférieure gauche, l’esquisse de la traîne de Sidonie.

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Liste hypertexte des manuscrits

Les neuf Codices illustrés de Heidelberg correspondent à :

Mis à part le Cod. Pal. germ. 16-18, une bible en trois volumes, tous ces manuscrits nous délivrent des œuvres appartenant à la littérature germanophone de divertissement de la fin du moyen-âge, dans laquelle on reconnaît une variété de dialectes. Ces derniers correspondent probablement aux habitudes linguistiques des écrivains successifs.

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Les illustrations

Les illustrations elles aussi ont un rôle évident de divertissement ‒ y compris celles des bibles. Il faut peut-être y voir une concession à l’exigence de divertissement courtois.

Animierte Bildsequenz aus Cod. Pal. germ. 16Dans le Cod. Pal. germ. 16, l’histoire de Sanson et de Dalilah est donc illustrée par une série de tableaux qui ne peut pas être plus explicite : On y montre d’abord comment Dalilah ligote les mains de Sanson de plusieurs tours de chaîne, lui cloue les cheveux puis les lui coupe. Ensuite, Sanson est fait prisonnier par les Philistins qui lui crèvent les yeux. Mais pour finir, le biblique héros parvient à faire écrouler le palais de ses ennemis.

Vertreibung aus dem Paradies (Cpg 16, fol. 12v)A la différence des représentations des manuscrits alsaciens plus anciens, celles-ci reflètent un souci de la perspective. Les proportions des figurines sont bien respectées. Seuls leurs visages soit restent dénués d’expression, soit expriment une joie sans aucun rapport avec le texte. Citons par exemple la miniature représentant Adam et Eve chassés du paradis, dans le Cod. Pal. germ. 16, en première partie d’une bible en trois volumes. Bien que l’archange Michel se tienne derrière les deux premiers hommes en brandissant son épée pour les punir de leur péché, et que Dieu le père en personne se tienne là pour veiller à la punition, Adam et Eve rient. L’expression d’émotions fortes sur les visages ne correspondait certes pas au principe de retenue courtoise coutumière à la cour.

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Parcours des manuscrits jusqu’à Heidelberg

Les manuscrits Henfflin arrivèrent à Heidelberg en tant qu’héritage de Marguerite de Savoie. Avant de devenir l’épouse d’Ulrich V de Würtemberg, Marguerite était mariée avec le prince-électeur Louis IV du Palatinat. De cette liaison elle eut un fils, le futur prince-électeur Philippe I le le Loyal. C’est à lui que revinrent ses livres.

DA l’évidence, les manuscrits furent spécialement conçus selon ses désirs. En témoigne la bible en trois volumes (Cod. Pal. germ. 16-18), laquelle est une copie d’un livre déjà imprimé : une édition de la bible parue à Strasbourg chez Johann Mentelin ‒ il est vrai non illustrée.

Bibliographie

© Ulrike Spyra, Maria Effinger, Universitätsbibliothek Heidelberg, 09/2008
Trad. Marie-Cath Cadet, Université du Sud, Toulon, cadet@univ-tln.fr

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