Manuscrits enluminés de la Bibliotheca Palatina – digitalisés
(http://bilderhandschriften-digital.uni-hd.de)
Un projet de coopération entre la Bibliothèque Universitaire de Heidelberg et
l´Institut für Europäische Kunstgeschichte – soutenu par
la DFG
La bibliothèque Universitaire de Heidelberg possède entre autres 27 manuscrits enluminés médiévaux produits dans trois des ateliers les plus connus du XVème siècle en Allemagne. Parmi ces manuscrits, sept sont sortis de l’« Elsässische Werkstatt von 1418 » (atelier alsacien de 1418), onze de l’atelier de Diebold Lauber à Haguenau et neuf de l’atelier souabe de Ludwig Henfflin. Ces trois ateliers fonctionnaient comme des entreprises commerciales travaillant sur commande et commercialisant leurs produits.
Ce qui caractérise les manuscrits fabriqués de cette façon est leur caractère « populaire » : Cela apparaît par exemple dans l’emploi prédominant de la langue allemande. Les textes étaient pour la plupart écrits dans la langue dialectale du copiste ou, selon la demande, dans le dialecte des futurs lecteurs. L’écriture utilisée était la « bâtarde » (Bastarda) – une écriture dite « usuelle » et bien lisible. Les manuscrits étaient agrémentés d’enluminures schématiques dont le rôle était d’expliquer le texte plutôt que de l’orner. Les manuscrits étaient réalisés non sur un parchemin précieux mais sur un papier de moindre coût.
Quant aux sujets, ils reprenaient la quasi-totalité de ceux de la littérature du Moyen Âge. Essais et livres d’édification religieux, chroniques, calendriers, poèmes épiques et courtois, œuvres ayant trait aux sciences naturelles, et même livres de jurisprudence étaient copiés dans ces ateliers. Ces manuscrits étaient vendus non seulement aux nobles et au haut clergé, à la haute et à la petite noblesse, mais aussi à la bourgeoisie aisée.
Grâce au zèle avec lequel les électeurs du Palatinats collectionnaient les manuscrits enluminés, les œuvres des ateliers du Haut-Rhin sont aujourd’hui conservées à la Bibliothèque universitaire. C’était par l’intermédiaire de l’ancienne Bibliothèque Palatine qu’elles sont aujourd’hui propriété de la Bibliothèque universitaire.
Ces trois ensembles des manuscrits représentent une particularité de Heidelberg : il n’existe aucune bibliothèque dans laquelle se trouve une telle quantité de manuscrits remontant à ces ateliers. Ainsi, non seulement leur signification sur le plan de l’histoire de l’art, mais aussi leur origine et leur histoire font de ces manuscrits le trésor qui mieux que tout autre est à même de représenter la richesse de la Bibliothèque universitaire.
Le projet soutenu par
la DFG, dont le but est de digitaliser et d’explorer les 27 manuscrits du Haut-Rhin, est réalisé en coopération avec
l’Institut d’Histoire de l’art à Heidelberg. Il est placé sous la tutuelle scientifique du
professeur L. E. Saurma.
La digitalisation même des 27 manuscrits est effectuée dans la section
« Sondersammlungen » à la Bibliothèque Universitaire de Graz.
Les textes digitalisés avec leur métadonnées sont accessibles à travers le site de la Bibliothèque universitaire de Heidelberg et la base de données
« Manuscripta Mediaevalia ».



